Scandale funéraire : 51 corps abandonnés et 720 000 € détournés
En Guadeloupe, une affaire macabre secoue le secteur funéraire. Des dizaines de dépouilles attendent toujours leur inhumation, certaines depuis plusieurs années. L’affaire implique un prestataire privé qui aurait perçu des sommes considérables sans honorer ses engagements, plongeant familles et institutions dans une situation sans précédent.
Une mise en garde à vue pour multiples infractions
Le responsable de l’espace funéraire Duhamel a été placé en garde à vue. Les soupçons pesant sur lui sont particulièrement graves et concernent plusieurs délits.
Les autorités lui reprochent notamment la non-inhumation de dizaines de corps sur une période de plusieurs années. S’ajoutent à cela des accusations d’atteinte à l’intégrité de cadavres, d’escroquerie aggravée, de gestion d’un établissement sans habilitation et de travail dissimulé.
720 000 euros versés pour des inhumations jamais réalisées
L’affaire prend une tournure encore plus troublante lorsqu’on découvre les montants en jeu. Le CHU a transféré 720 000 euros en janvier 2024 pour assurer l’inhumation de 20 personnes indigentes.
Pourtant, aucune de ces dépouilles n’a été mise en terre. Le prestataire avait entre-temps perdu son agrément préfectoral, rendant impossible toute récupération des corps par l’établissement hospitalier.
Des conditions de conservation alarmantes
Le manque d’entretien des installations a entraîné des conséquences dramatiques. Des pannes électriques répétées ont compromis la bonne conservation des corps.
Dès octobre 2024, des odeurs de décomposition sont signalées à l’Agence Régionale de Santé. Malheureusement, ces alertes restent sans réponse concrète pendant plusieurs mois.
L’accès à la chambre froide refusé
En 2025, l’ARS se voit refuser l’entrée de la chambre froide lors d’une tentative de contrôle. Ce refus alimente les inquiétudes des autorités sanitaires.
C’est finalement lors d’une perquisition menée le 24 février 2026 que la réalité éclate au grand jour. 15 corps sont découverts au Gosier et 5 autres à Sainte-Anne, dans des conditions préoccupantes.
51 dépouilles en attente d’inhumation
Le bilan complet de cette affaire révèle une ampleur considérable. Au total, 51 corps attendent toujours d’être inhumés dans des conditions dignes.
Sur ce total, 20 dépouilles se trouvent entre Le Gosier et Sainte-Anne. Les 31 autres sont conservées par le CHU, faute de prestataire fiable pour assurer leur inhumation.
Des enfants parmi les victimes
Parmi les 31 corps conservés par l’établissement hospitalier, 22 sont des enfants. Cette réalité ajoute une dimension particulièrement tragique à cette affaire.
Le parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert une enquête préliminaire pour faire toute la lumière sur ces dysfonctionnements graves et établir les responsabilités.
Un blocage administratif persistant
Malgré l’urgence de la situation, les obstacles demeurent. La mairie des Abymes refuse d’ordonner les inhumations, et ce malgré plusieurs rappels émis par la préfecture.
Cette impasse administrative prolonge le calvaire des familles et retarde la résolution d’une crise sanitaire et humaine majeure en Guadeloupe.

